6 Sep 2014
Analyse des impacts négatifs et positifs sur l’embargo russe des importations de légumes européens

La Russie interdit les importations de tous les fruits et légumes de l’UE.

Comme on le sait tous bien, le 7 août dernier, le gouvernement de la Fédération russe a publié la liste des marchandises dont l'importation est interdite, et elle comprend tous les fruits et légumes  frais de tous les États membres de l'Union européenne. D'autres pays, pliés à cette mesure sont les Etats-Unis, l'Australie, le Canada, la Norvège et le Japon.

 

  • Les exportations de l'UE vers la Russie et les pays les plus touchés

Selon Eurostat, les exportations des légumes frais et des tubercules de  l'ensemble de l’UE28   vers la Russie en 2013 ont totalisé 948.000 tonnes, d'une valeur de  769.098 millions d’euros. Les principaux légumes exportés sont la tomate fraîche avec 229 579 tonnes, suivie par le chou avec 91 192 tonnes.

Le pays de l'UE le plus touché par cette mesure prise par le Kremlin est la Lituanie, dont les exportations de légumes frais et tubercules vers la Russie  représentent une valeur de 339 millions d’euros, suivi par la Pologne (173 millions), les Pays-Bas (87 millions) et l'Espagne (72 millions).

  • Les pays les plus bénéficiaires par l’embargo russe à l'UE des importations de légumes.

La Turquie sera un grand gagnant sur ​​l'embargo russe sur les importations de fruits et légumes. Avec la Turquie, les pays qui sont également en train de devenir les principaux bénéficiaires  sont les pays voisins comme la Biélorussie et l'Ouzbékistan, ainsi que d'autres zones de l'Amérique latine et le Maroc. Les représentants de haut niveau de ces pays sont déjà en négociations avec leurs homologues russes pour adoucir les contrôles phytosanitaires à l'importation en vue de faciliter l'accès à ces fournisseurs alternatifs sur le marché russe.

 

  • L’embargo russe sur les fruits et légumes peut avoir un côté positif.

Des doutes sur la solidité et la permanence dans le temps de cette mesure proviennent de ce même décret, parce que Poutine lui-même reste sur ses réserves en introduisant que sauf "si l'interdiction des importations soit modifiée" dans trois mois, avec la possibilité que la réduction des importations conduirait à une augmentation excessive des prix alimentaires, le gouvernement russe ayant déjà ordonné  aux entités régulatrices de surveiller la situation sur le marché intérieur, afin de ne pas permettre l´accélération des prix des produits de base.

Cependant, cette situation soudain survenue peut aussi avoir un côté positif, si les variables qui convergent dans cette affaire sont gérées correctement. Si la Commission Européenne agit rapidement et efficacement, elle devrait renforcer les mesures de protection phytosanitaires pour les importations de fruits et légumes en provenance de pays tiers, réduisant ainsi l'offre de produits à venir de l'extérieur  pour que le marché puisse absorber sans problèmes les productions internes. Il n'est pas logique ni approprié pour certains pays, qu’ils continuent à introduire des produits horticoles dans l'Union européenne chargés de résidus de pesticides, dans certains cas, trop dangereux. La récidive dans la détection de résidus de pesticides dans les importations en provenance de certains pays doit cesser immédiatement.

Certains pays vont grandement bénéficier de l'absence de fruits et légumes sur les marchés européens , ceux qui sont linéaires de la Fédération russe, comme c’est le cas de la Turquie, la Biélorussie, l'Ouzbékistan et l'autre partie de l'Asie - Afrique du Nord, ou même d'autres assez  loin  dans le cas de l'Amérique latine. Mais l'Union européenne doit prendre les mesures nécessaires pour assurer que n’entrent pas sur  les marchés de l’UE des produits qui ne soient pas des garanties de qualité et de santé suffisantes, qui ne soient pas produits sous des normes sociales minimales, ou même ceux qui peuvent apporter une forte concurrence à la production interne. Si les mesures de la Russie peuvent générer une crise du marché, il est temps de prendre des décisions audacieuses qui donneront des résultats positifs à moyen et long terme pour les producteurs et les consommateurs de l'Union européenne.

 

  • Comment les mesures d'interdiction prises par le gouvernement russe toucheront les producteurs et exportateurs européens de poireau et de céleri-rave?

Après les préoccupations connues au cours des dernières semaines sur le veto imposé par la Russie sur les importations européennes de légumes, on peut conclure qu’aussi bien les producteurs de poireaux que ceux de céleri-rave ne seront pas les plus touchés par cette mesure imposée par la Russie.

Poireau

La Fédération russe est le principal marché d'exportation de poireau de l’UE28. Après la Russie, les pays où des tonnes de poireaux sont destinés depuis l'UE28 sont la Norvège, le Canada et la Suisse.

Tonnes exportées depuis l'UE28 en 2013.

L'an dernier, en 2013, les exportations de poireau del’ UE28 vers la Russie ont totalisé un volume de 4 396 tonnes d'une valeur de  4.358.295 d’euros. Ces chiffres représentent 38% du volume en tonnes des exportations de l'UE vers des pays tiers.

Selon les chiffres d'Eurostat, moins de 2% de la production totale de poireau produit en Europe est destinée à la Russie, on ne peut donc pas s’attendre à ce que l’interdiction de la Russie affecte de manière significative les entreprises et les producteurs de poireaux européens.

Les pays les plus touchés par les restrictions russes sont la Lituanie, la Belgique et la Pologne.

Les exportations de poireau des pays de l’UE28 vers la Fédération russe. Année 2013.
Les exportations de poireau des pays de l’UE28 vers la Fédération russe. Année 2012.

Céleri-rave

La Fédération russe est le principal marché d'exportation de l’UE28  du céleri-rave.  Après la Russie, les pays où le plus de tonnes de céleri- rave sont destinés de l'UE28 sont la Norvège, la Suisse, la Biélorussie et les Etats-Unis.

Tonnes exportées depuis l'UE28 en 2013.

L'année dernière en 2013 , les exportations de céleri-rave de l’UE28 vers la Russie ont totalisé un volume de 5 458 tonnes et une valeur de 2.794.358 d’euros. Ces chiffres représentent 62% du volume en tonnes des exportations de l'UE vers des pays tiers.

Selon les chiffres d'Eurostat, 5,9% de la production totale de céleri-rave produit en Europe est destinée à la Russie, et il faut donc s'attendre à ce que l'interdiction russe affecte peu les entreprises et les producteurs de céleri- rave européens.

Les pays les plus touchés par les restrictions russes sont la Lituanie, la Pologne et la Belgique.

Les exportations de céleri-rave des pays  de l’ UE28 vers la  Fédération russe. Année 2013.
Les exportations de céleri-rave des pays  de l’ UE28 vers la  Fédération russe. Année 2012.
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